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7. mai 2026

Quand un traumatisme extrême semble impossible à dépasser… et que le corps commence à se libérer

Un médecin de la région m’appelle un jour avec une inquiétude palpable dans la voix et me dit simplement : « Je vous envoie quelqu’un, j’ai peur pour elle », sans entrer dans les détails, mais en laissant entendre que la situation dépasse ce qu’il peut contenir seul.

Je reçois alors une femme d’une quarantaine d’années, dont la présence même témoigne d’un choc profond, d’un état intérieur comme figé, et qui commence à me raconter ce qu’elle a vécu, avec une précision qui montre à quel point les images, les sons, les sensations sont encore là, intactes, comme si la scène ne s’était jamais vraiment arrêtée.

Elle a été confrontée à un événement d’une violence extrême, un drame familial d’une intensité rare, qui a littéralement traversé son existence, et dont les traces ne sont pas seulement psychiques, mais aussi corporelles, inscrites dans chaque réaction, chaque tension, chaque silence.

Dans ce type de situation, il ne s’agit pas d’expliquer, ni de comprendre au sens classique du terme, car l’expérience dépasse largement ce que le mental peut intégrer, et c’est précisément pour cela que le travail s’oriente vers une approche qui permet d’agir à un autre niveau, celui de la mémoire traumatique.

Nous engageons alors un travail de déprogrammation par les mouvements oculaires, kinesthésiques et auditifs, qui vise à permettre au système nerveux de retraiter ce qui est resté bloqué, figé, comme suspendu dans le temps.

Au début, chaque séance est dense, chargée, parfois difficile à traverser, car elle décrit avec précision ce qu’elle a vu, ce qu’elle a entendu, ce qu’elle a ressenti, et ces éléments, en revenant, sollicitent à la fois sa capacité à rester présente et la mienne à accueillir sans être submergé.

Le travail se fait pas à pas, dans une forme de progression qui ne cherche pas à aller vite, mais à permettre une intégration réelle, à respecter le rythme du corps et de la personne.

Et peu à peu, presque imperceptiblement au départ, quelque chose commence à se modifier.

Les tensions diminuent légèrement, le souffle se régule, certaines images perdent en intensité, certaines sensations deviennent moins envahissantes, comme si le système interne trouvait enfin une possibilité de traiter ce qui était resté bloqué.

À la septième séance, un changement devient visible, non seulement dans ce qu’elle dit, mais dans la manière dont elle se présente.

Elle arrive avec des lunettes de couleur, une jupe longue, une présence différente, plus incarnée, plus vivante, comme si quelque chose avait bougé en profondeur.

Je lui fais remarquer ce changement, et elle me répond simplement : « Oui, je retravaille, je vais beaucoup mieux, je me ressaisis, et je suis considérée », comme si ces mots traduisaient une reprise de place dans le monde.

Ce qui s’est opéré en quelques séances ne relève pas d’un effacement de ce qui a été vécu, mais d’une transformation de la manière dont cela est inscrit en elle, d’une capacité retrouvée à ne plus être entièrement envahie par cette expérience.

Ce type d’accompagnement met en lumière la puissance des approches de déprogrammation par les mouvements oculaires, kinesthésiques et auditifs, qui permettent parfois, en un nombre relativement limité de séances, d’ouvrir des processus de transformation qui, dans d’autres cadres, auraient pu prendre des années.

Cela ne signifie pas que tout est réglé en quelques séances, ni que la complexité de ce qui a été vécu disparaît, mais que le système interne retrouve une capacité de régulation, une possibilité de se réorganiser autrement.

Pour moi aussi, cet accompagnement a été marquant, car entendre, séance après séance, le détail de ce qu’elle avait vécu, la précision des sons, des images, des sensations, a nécessité une présence particulière, une capacité à rester ancré tout en accueillant l’intensité de ce qui se déposait.

Ce cas reste un exemple fort de ce que peut permettre un déplacement du travail vers la mémoire traumatique elle-même, et de la manière dont, même face à des situations d’une violence extrême, un processus de transformation peut s’initier, à condition de trouver le bon niveau d’intervention et le bon cadre pour l’accompagner.

À la différence du cas précédent, le traumatisme vécu par cette personne ne trouvait pas son origine dans son enfance, mais dans un événement de vie survenu à l’âge adulte, que l’on pourrait qualifier d’accident existentiel tant il est venu bouleverser brutalement son équilibre.

Ce contraste met en lumière un point essentiel : dans le cas précédent, l’alliance entre l’enfant et ses figures parentales était tellement profondément ancrée, inscrite dans les premières années de la construction psychique, qu’elle nécessitait un travail long et progressif pour pouvoir se transformer.

Ainsi, il apparaît que certaines organisations relationnelles issues de l’enfance, parce qu’elles touchent aux fondements mêmes du lien et de la sécurité intérieure, peuvent demander davantage de temps pour évoluer que des traumatismes, même extrêmement violents, survenus à l’âge adulte.

Vous avez sans doute compris, à travers ces quelques exemples, qu’une thérapie peut être très rapide dans certains cas, et beaucoup plus longue dans d’autres, sans que cela ne dépende uniquement de la gravité apparente de la situation.

De mon côté, je propose généralement un cadre initial de six à sept séances, pouvant aller jusqu’à une dizaine, car j’ai la capacité de poser assez rapidement un diagnostic sur le fonctionnement qui maintient la personne dans son blocage.

Cependant, comme vous avez pu le percevoir, la durée du travail ne dépend pas tant du traumatisme en lui-même que de l’organisation interne qui le soutient, et surtout de l’endroit où cette organisation prend sa source.

Lorsque cette organisation s’origine dans une histoire ancienne, profondément ancrée dans l’enfance, le processus peut demander davantage de temps pour se transformer, car il touche à des structures fondamentales du lien et de la sécurité intérieure.

À l’inverse, en coaching parental, les évolutions sont généralement plus rapides, car le travail se fait directement dans la relation présente, avec des ajustements qui produisent des effets visibles assez rapidement.

De la même manière, dans l’accompagnement des traumas, lorsque ceux-ci ne trouvent pas leur origine dans l’enfance, mais dans un événement de vie survenu à l’âge adulte, la transformation peut également être plus rapide, dans la mesure où l’organisation interne est moins profondément enracinée.

Ainsi, ce n’est pas tant la nature du problème qui détermine la durée de la thérapie, mais la profondeur et l’ancienneté de l’organisation qui le soutient.

Conclusion :

Ce que je peux vous garantir, ce n’est pas un nombre de séances.

Ce que je peux vous garantir, c’est de voir précisément ce qui, aujourd’hui, tourne en boucle et vous bloque.

Parce que ce n’est pas le problème qui vous enferme.

C’est ce qui l’organise.

Et lorsque cela devient visible…

le changement peut commencer.

Parfois rapidement.

Parfois plus lentement.

Mais toujours de manière juste.

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